Il y a à peu près 1 an, j'écrivais sur Hadopi ceci:
Bon, ben je voudrais pas avoir l'air de me répéter, mais quand je lis ça ou ça sur Acta (dont apparemment une première version officielle devrait être rendue publique cette semaine), je pense exactement la même chose:"je suis frappé par le consensus général chez les internautes pour massacrer Hadopi et Albanel, alors je n'ai toujours pas vu / lu de propositions d'alternatives crédibles à court terme ... ?"
- consensus chez les acteurs du net (j'ai pas fait un tour complet) pour dire "Stop à Acta! C'est super dangereux! Liberticide! C'est la mort d'internet! Et en plus ils nous tiennent même pas au courant des négos, ces salauds!"
- mais aucune proposition, aucune valeur ajoutée sur le fonds du problème, qui reste: comment fait-on pour protéger le droit d'auteur sur internet?
C'est bien gentil de s'ériger en défenseur de la liberté 2.0, mais c'est à courte vue... Je ne vois pas comment on peut justifier, sur le long terme, de ne pas vouloir de cadre législatif pour protéger la création sur internet.
Je lis généralement 2 types d'arguments:
- "ouais, mais c'est tous des pourris, les maisons de disques et Johnny, ils s'en sont mis plein les poches, y a pas de raison que ça continue"; je suis d'accord pour dire que les maisons de disques (et autres studios / agences photos / designers / etc) abusent souvent sur la valorisation économique de leurs créations, mais je ne vois pas en quoi ça justifie de ne plus rien rémunérer du tout.
- "il vaut mieux prendre le risque du téléchargement illégal, que celui d'un contrôle liberticide d'internet"; bizarrement, cet argument vient plus souvent des geeks / bloggeurs / stagiaires en agence de com' que des artistes. Je ne vois pas pourquoi il faudrait choisir le moins pire entre deux maux, au lieu de réfléchir à une bonne solution.
Je souris aussi quand je lis l'argument "on ne veut pas de cadre législatif, le web participatif saura se réguler de lui-même, comme il l'a si bien fait quand un chat a été maltraité sur Youtube" - je ne suis pas sûr que compter sur la fibre civique des internautes et sur des campagnes massives de délation auprès des hébergeurs soit une meilleure solution qu'un cadre législatif même imparfait.
Oui, Acta va sûrement proposer des solutions dont certaines seront mauvaises, non applicables, des sanctions disproportionnées, etc... Mais on fait quoi sinon? Rien? On laisse s'installer une croyance populaire que voir un film, une oeuvre, écouter un titre, ça peut être gratuit?
Malheureusement, ça n'est pas le cas, et d'une manière ou d'une autre, il faut que l'artiste, et celui / ceux qui l'aident à se promouvoir soient rémunérés - ou alors on va vers un modèle de culture "à la presse gratuite", produite en masse, de qualité moyenne, et rémunérée par la publicité.
[Je ne parle même pas du fait que Acta a un cadre d'action bien plus large que l'internet, en essayant de mettre en place une collaboration renforcée entre état pour lutter contre la contrefaçon sur les marques et brevets dans le monde physique, ce qui ne me paraît pas une mauvaise idée.]



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